Qunicy Jones, The Watermelon man is gone

 


Quincy Jone
s est mort.
 
Je n'ai évidemment pas attendu ce triste moment pour vous parler de cet immense bonhomme sur Nostalgie, ces 25 dernières années. Il a tellement compté pour notre génération. 
 
Ceux qui se sont un jour rendus à son domicile peuvent en témoigner : on avait beau savoir que Quincy Jones était une légende vivante, c’est en parcourant des yeux les étagères et les murs de son bureau qu’on prenait la mesure qu’il est bien le plus grand musicien et producteur de tous les temps.
 
Bien sûr Quincy Jones est surtout connu pour avoir produit les trois plus grands albums de Michael Jackson mais il a accompli cet exploit après avoir été une des grandes figures de l’âge d’or du jazz d’après-guerre avec Frank Sinatra, Sarah Vaughan, Ela Fitzgerald, Peggy Lee, Dizzy Gillepsie. A part ça, quelques babioles dont un Oscar de la meilleure musique de film, un petit coup de trompette sur les six premières apparitions télévisées d’Elvis Presley et des porte-containers d’albums vendus sous son propre nom.
 
Et pourtant, ceux que ses amis appellent « Q » a été un défavorisé parmi les défavorisés. Un abandonné de la société comme on dit aujourd’hui des jeunes des quartiers difficiles. Que voulez-vous, quand on est un noir de Chicago dans l’entre-deux guerres, ça ne peut que mal tourner. Si vous lui demandez, Quincy vous montrera une cicatrice sur le crâne laissée par un pic à glace et celle de la main gauche laissée par des gamins qui l’ont transpercée pour l’attacher à une clôture.
 
Quand il sera plus grand, il sera gangster, comme les employeurs de son père. Papa n’est pas un truand, il est menuisier, mais il bosse quand même pour eux. Que faire d’autre d’ailleurs quand on a la peau noire dans une grande ville du nord de l’Amérique.
 
Pour ne rien arranger, son père l’a averti : "si tu vois ta mère, ne l’approche pas, elle est dangereuse." Il faut dire qu’elle s’évade régulièrement de l’asile : si c’est la nuit, les vitres de l’appartement sont brisées, si c’est le jour et qu’il se trouve dans la rue, son frère et lui s’enfuient à toutes jambes à travers le quartier. Non, la vie n’est pas drôle. Encore moins quand son père le met en pension chez sa grand-mère, une rescapée de l’esclavage dans le sud des Etats-Unis dont la spécialité est de cuisiner tout ce qu’elle trouve jusqu’à des rats. 
 
Comment peut-on se sortir d’un pétrin pareil ?
"C’est la musique qui m’a sauvé", répond Quincy Jones.
C’est le moins qu’on puisse dire. Mais comment cet homme qui ne connaît pas sa fortune peut-il encore se projeter dans la tête de ce petit garçon de six ans collant son oreille au mur de l’appartement pour écouter sa voisine jouer du piano ?
 
Comment expliquer que quarante ans plus tard, en 1978, le jeune Michael Jackson star depuis des années déjà, sera impressionné de rencontrer le célèbre Quincy Jones sur le tournage d’un film ? Les grandes histoires ne semblent pas avoir de fin.


Et tant qu'on y est, le podcast d'un épisode de La Story Quincy.

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